Les filles, ça crie fort. Hier, on entendait Sandy jusqu'ici, à Montréal.
Heureusement, il y a eu un éclairci au cours de l'après-midi pour me permettre
de déambuler dans le centre-ville, Paul Simon « The Obvious Child »
plein la tête, sur l'heure du dîner. Si, à l'extérieur, la météo change
tellement rapidement qu'on a du mal à savoir quoi se mettre sur le dos, entre
les quatre murs de l'agence, au troisième, les « défis » se font
attendre au point de ne plus savoir quoi faire de notre peau. Et Songza, qui
est désolé d'éprouver des problèmes techniques. Pff ! Il y a des journées comme
ça.
Après une journée de docilité au travail, je me promets des trios de roue
libre, de retour à la maison sur lesquelles j'enchaîne sur une montée avant de recommencer
le cycle, en roue libre. Habituellement, je me joins au peloton de L., mais ce
soir je sèche le cours. Besoin de ma dose de libre arbitre quotidienne. Je
croise cependant ladite entraîneuse de cardio cycle dans l'escalier. Nos
regards se défient. Elle s'arrête au deuxième palier ; je continue l'ascension
en direction du quatrième. Le bleu acier de ses yeux s'assombrit, prend une
teinte océanique. La kinésio a perdu un de ses poulains.
Au 4e ciel, je repère une monture ignorée faut d'être mal située : en
bordure d'un mur face à un autre mur. Moi, sans mes barniques, je n’y vois rien
de toute façon, alors ça me convient. Je l'ajuste, je l'enfourche et j'inonde
mes pensées de Jill Scott, dont les plages me servent de repères temporels et
les rythmes, de métronome.

Grosso modo, quelle est la différence entre ce qu'on appelle le spinning et
le vélo stationnaire ? D'abord, notre position sur l'appareil diffère. Même si
on ajuste (par ailleurs plus étroitement à notre morphologie en spinning) le
guidon de l'appareil très haut, n'en reste qu'en spinning on arbore une cambrure
de courseur. Le poids de notre corps tend à s'aligner avec le prolongement de
la jambe pour offrir un maximum de performance notamment au niveau du
quadriceps. Ensuite, entre vous et moi (et mes jambes), pédaler sur un vélo de
spinning est, même à basse vitesse, beaucoup plus exigeant que, toute
proportions gardées, que de mouliner sur un stationnaire. Le « buzz »
est donc d'autant plus grand, chers accros aux endorphines. Ensuite, en
spinning, on écrase les pédales
et on tire alors qu'en stationnaire, on
ne fait que pédaler en poussant. À noter d'ailleurs qu'en spinning, « pédaler
dans le beurre » se révèle une expérience fâcheuse, qui peut même, comme
je le soupçonne, stimuler l'apparition d'un kyste à l'aine. Au mois d'août
dernier, j'ai dû faire relâche faute de l'une de ces masses à l'entrejambe. Je
me questionne encore sur les explications possibles bien que la médecin m'ait
donné l'absolution de responsabilité en la matière. Enfin, je crois que j'ai
mal ajusté la résistance au moment d'effectuer des sprints, qui ne sont ni ma
force ni mon dada.
Pour clore cette séance de sudation dégoûtante, je « strippe » et
file sous la douche m'absoudre de tous ces ragoûtants efforts. L'eau chaude
caresse mes muscles engourdis et boucle merveilleusement ce moment d'abandon de
soi. Or, qu'entends-je ? « There's a fire starting in my heart, reaching a
fever pitch and it's bring me out the dark. Finally I can see you crystal clear. »
Une petite fille, qui fausse délicieusement sous la douche.
Moment de bonheur.
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Je vous invite sur 4avelo, où je collige
des anecdotes sur mes expériences à deux roues, et à en discuter sur la page Google + de Cath Mayer .
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