jeudi 25 octobre 2012

La santé, c'est le travail

Après un été à la pige, dans un lac où les prises se font rares, le vent de l'automne chasse enfin mon sentiment d'inutilité. Du jour au lendemain, je reçois l'appel qui va tout bousculer : " We want to offer you the position. " Pourtant, pire entrevue de ma vie.

Tous les matins, mon chat me rappelle que YÉ ! je travaille dans mon domaine dans une super boîte de pub marketing. Je me coule un café, me réfugie sous la douche et v'lan ! le rythme effréné de la ville s'empare de moi. Pour se rendre à ma table de travail, il faut d'abord jouer à la sardine dans le métro en multipliant les sourires pour éviter d'arracher la tête de la personne qui est carrément dans mes culottes, débarquer en nage au boulot quelques minutes en retard (comme tout le monde) et se raconter nos soirées de la veille devant le 2e café de la journée (meeting d'une importance capitale), puis attendre patiemment que l'ordi boot. Entretemps, se taper un 2e meeting en sirotant son 2e café, confort zone in a crazy but exciting world. La communication, c'est important. On pratique toute la journée d'ailleurs. Je n'ai peut-être jamais autant ri ni aimé travailler de toute ma vie encore. Et pourtant ! Si seulement, en plus, le ciel pouvait nous tomber sur la tête... Moi, j'ai dû naître dans l’œil d'un cyclone : j'ai besoin qu'autour de moi règne une atmosphère de catastrophe. Malgré l'orage qui gronde, moi, c'est comme ça, je me sens une force surnaturelle si j'ai des alliés. Peut-être qu'en ayant eu plus que mon lot d'ennuis, j'ai fini par me sentir vivante que dans les états de crise.


Néanmoins, le nombril de la semaine, mercredi (sinon le jeudi), a toujours été le moment où j'ai BESOIN de décrocher pour trouver mon second souffle. Les jours s'envolent à une rapidité telle que j'ai l'impression que que les occasions d'être jeune-belle-et-conne ou mature-magnifique-et-réfléchie commencent à me filer entre les doigts. Liberté ! Moi, ce n'est pas un rien qui m'habille, c'est un rien qui m'étouffe. Mais s'il faut effectivement choisir sa prison, N., alors j'accepte volontiers de " faire mon temps " dans cet emploi-là. Bientôt, ce ne sera " qu'un au revoir "de toute façon. Or, mieux vaut la jouer all in. Non ?

Merci,

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