vendredi 27 juillet 2012

Perepetia

Nulle ne voudrait être l’un des salauds qu’on dénigre entre amies pour tout soutien. Mais j’admets que parfois on est plutôt la salope que la victime. La vie me paraît tourner sur elle-même comme une pièce qu’on fait danser, nous démontrant constamment son envers pour éconduire nos convictions. J’avais la ferme intention de me venger de ces coups de fil vains en offrant des fleurs, mais je réalise que même les bouquets ont épines. Dans ma lutte contre l’adversité, je n’ai qu’un immense désir d’intégrité. Or, si je fais le coup de la ligne morte, je mourrai asphyxiée dans ma coquille de principes. Bordel de merde.

vendredi 20 juillet 2012

Commémoration - 1 an de retrouvailles


L’été dernier, ma grand-mère prenait son envol vers un autre monde. Un départ presque planifié, profitant même d’une belle journée pour minimiser les probabilités de turbulences là-haut. Ça fait un an qu’elle a retrouvé son homme. Moi, ça fait un an que je n’ai pas joué au Scrabble et que je n’ai pas mangé de béchamel. Elle m’a légué sa fameuse recette de sauce à spag’ dont je raffolais, pas celle de sa béchamel.  

Ma passion pour les jeux de mots s’est réfugiée dans les mots croisés, mais mes moments de détente obligés (dur apprentissage), eux, ont réussi à perdurer au-delà de son absence. Je n’ai plus besoin de ses quatre-vingts quelque années pour prendre le temps de m’écraser devant la télé et suivre un téléroman. Mes genoux, nostalgiques, n’ont jamais été aussi capricieux que depuis le 23 juillet 2011. Je porte en mes articulations tout le poids de sa grande existence. Puis, il y a que, maintenant, plutôt que de lui rendre visite une ou deux fois par semaine, eh bien, je l’amène avec moi partout où je vais tout temps. N’empêche, elle me manque.  

Avant que je lui fasse comprendre que j’ai de profonds doutes sur ma fibre maternelle, ma grand-mère souhaitait ardemment voir ses arrières petits enfants avant de rendre l’âme. Or, sa mort n’a rien changé à mon sentiment, désolée. Et bien que j’ai persévéré dans les communications écrites, talent qu’elle reconnaissait chez moi, ma grand-mère m’a souvent répété que j’aurais été une excellente prof’ d’édu. Mais j’ai toujours refusé de suivre le même chemin, tout tracé, que mes parents avaient emprunté et, surtout, d’enseigner le sport alors que, moi, j’aime plutôt en faire.  

Trois cent soixante-cinq jours… ça semble une éternité et, pourtant, ç’a passé si vite. Ça fait maintenant près d’un an que je n’ai pas vu la famille, déchirée par la succession. Jamais J. n’aurait souhaité une telle chose. De son vivant, elle a passé l’éponge sur des tonnes d’événements pour préserver la paix. J’ai honte que mon père et mes oncles n’aient pas su s’entendre et prendre soin du plus beau legs que ma grand-mère a voulu leur laisser. 

mercredi 18 juillet 2012

L'art de sauter en bungee avant le café


Je propose qu’on invente la chirurgie plastique féline pour que je puisse faire poser un bouton « snooze » à Tux, ma bête criarde. En bonne maîtresse, je lui ai mis son harnais avant de le mettre gentiment à la porte, sur le balcon, pour m’empêcher d’exploser de rage. C’est un poilu domestique, quand même ! Il faut apprendre à ne pas virer sur l’top pour préserver sa précieuse santé mentale.  

Sauf que Sir Mon Chat, là-haut sur la rambarde, ne tenant pas dans sa gueule un fromage, a perdu patte. Boum ! Je vérifie mes soupçons et les vois confirmés : initiation au bungee ce matin. J’ouvre la porte, me rassure en remarquant la laisse tendue et me penche pour constater les dégâts. Rien. Tux me miaule sa peine du balcon du voisin d’en dessous. Je descends le cueillir et le ramène, serré contre mon cœur. Pas un fan des rush d’adrénaline, lui. 

 Mon animal présente des signes évidents de traumatisme. Je pratique alors sur lui l’imposition des mains, remède efficace au tonnerre et au vrombissement terrible du camion de la collecte d’ordures. Avant que je parte, on s’était réfugié sous ma table de chevet, genre de lit à baldaquin improvisé. Grosses émotions ce matin.  

Bottom line is les harnais, ça marche. 

mardi 17 juillet 2012

La switch à bitch

Je suis en train d'écouter C.A., saison 2 épisode 6: les sites de rencontres.
Pas l'choix, on met la switch à "bitch"...

"Les gens ne prennent souvent pas la peine de découvrir la personnalité." Vrai. Le flirt, c'est effectivement très, très discriminatoire. Mais bonne nouvelle! Je me suis fait rejeter. Tu t'es fait rejeter. Il et elle se sont fait rejeter, donc NOUS nous sommes fait rejeter. Vous aussi, vous vous êtes fait rejeter. Et ils se sont fait rejeter. Tous les goûts, toutes les attentes et tous les bagages relationnels sont dans la nature. En revanche, si "les gens" ne prennent pas le temps de découvrir la personnalité, cette dernière ferait tout de même mieux de se pointer au 2e ou au 3e rendez-vous. Pas vrai?  

TOU.TV

vendredi 13 juillet 2012

La switch à bitch

Sur YouTube, j'ai l'impression qu'il y a une forte corrélation entre un cover poche et bcp de temps investi sur l'esthétique du vidéo.

mercredi 11 juillet 2012

On jase, Andrew Bird


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Sovay
A Nervous Tic Motion Of The Head To The Left

Réveil habituel, vers 7 h 30. Et, dans mon cas, impossible de « snoozer ». Mon animal domestique m'informe avec beaucoup d'insistance que c'est l'heure du déjeuner et de la sortie matinale sur le balcon avant. Si vous me lisez, vous savez que j'ai un chat (qui a du chien).

 Fake Palindromes

J'écoute Andrew Bird, comme vous l'avez remarqué, en repensant à ce grand stigmatisé que j'ai rencontré au Latulippe il y a quelques années. R. a le mal de vivre. Chronique. On l'a peut-être tous un peu, certes, mais force est d'admettre que je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui en souffre comme lui. L'intelligence, la beauté et les réalisations personnelles ne font, semble-t-il, pas le bonheur. J'emmerde ces adolescents caves qui, je suppose, lui ont fait à ce point la vie dure qu'il en est resté profondément atteint et ce génie qui, je postule, assombrit les êtres tant qu'ils n'ont pas appris à domestiquer cette bête intérieure insatiable.

Measuring Cups

La vie se déploie devant moi, devant nous, comme un tapis parsemé de fleurs et de mauvaises herbes. Au-delà du parterre, il y a la forêt, lieu magnétique, excitant et angoissant. En solo, je marche d'un pas parfois incertain, désireuse de deviner ce qui m'attend plutôt que de m'attarder aux coquillages que la flore me présente. Je recherche la compagnie des autres, rassurante, pour me faire croire que, non, je n'ai pas peur des loups. Arrêtée à un carrefour de chemins, j'hésite entre faire preuve de persévérance ou de courage en modifiant ma direction. J'attends un signe, motivation intrinsèque ou extrinsèque, en proie à l'anxiété qu'une peur de l'échec gave morbidement.


Banking On A Myth
Masterfade

À l'âge de la minorité, mes parents formaient un couple. Ringard. Heureusement, ils se sont conformés à la norme et devenus in en divorçant, à l'âge de ma majorité. Maintenant, j'ai une famille. Je peux aussi, et par ailleurs, en goûter les désagréments. Mais avant d'appartenir à un vieux chapitre (mon personnage refuse d'évoluer), j'ai été le fruit d'une rencontre qui pourrait avoir été le précurseur des sites de rencontres d'aujourd'hui. Ma mère, féministe, avait affiché sur la porte de son appartement une liste interminable de qualités que son « chum » devrait posséder. Mon père, homme rose plutôt métro, a estimé correspondre au profil. Alors il a volé l'avis de recherche. Ç'a mis C. en ... L., lui, m'a-t-on conté, recherchait sa Hard Headed Woman (Cat Stevens). Il l'avait trouvée, sans aucun doute. Je suis mitigée: est-ce là un plan de couillons ou une belle histoire? Et, moi, qu'est-ce que je vais croire vouloir désirer pour jeter ensuite? À suivre.


Opposite Day
Skin Is My
The Naming Of Things
MX Missiles

J'ai partiellement réussi à cesser de me ronger les ongles. En fait, ceux de ma main droite sont taillés très courts, gracieuseté d'une collaboration entre le stress et mes dents, alors que ceux de ma main gauche sont longs (et souvent sales). Je suis droitière. Je surfe, en équilibre entre deux mondes: celui auquel j'appartiens et celui auquel je pourrais appartenir. Le milieu, c'est l'endroit où tout est possible.

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Tables And Chairs
The Happy Birthday Song
 


samedi 7 juillet 2012

Leçon de résilience

Dave Matthews Band chante Where Are You Going, question que je m’adresse parfois. Ian Kelly, lui, propose un White Wedding, un nouveau départ. C’est une idée. Si la vie s’avère parfois injuste, j’estime qu’il faut toutefois s’efforcer de trouver un certain sens aux échecs et aux creux de vague pour apprendre de nos erreurs, s’encourager et, ultimement, réussir à relancer les dés. 

J’ai eu la chance de pratiquer un sport exigeant très jeune : le patinage artistique. La sortie de mon premier axel a été précédée d’un tel nombre de chutes que mes genoux bleuis ont fini par inquiéter sérieusement mon prof d’éducation physique. Mon poignet droit, lui, n’a jamais réussi à se rétablir de l’amortissement de tous ces chocs. Mais cette fragilité m’affecte peu au quotidien alors que la maîtrise du saut, elle, m’a ouvert la porte des doubles. Quelques années après, je me suis scrappé les deux genoux en pratiquant le double back flip au trampoline. Maintenant, l’hiver, je me transforme en saule : mes articulations sont devenues de véritables baromètres. Alors ? Je prends des comprimés de glucosamine tous les matins, j’ai acheté des genouillères et je me suis mise au vélo, activité dans laquelle les cale-pieds me permettent de garder un bon alignement et de minimiser les éventuelles blessures. Et le jour où ça ne répondra plus, s’il le faut, eh bien, je les amputerai, ces vieillards, et deviendrai tout simplement une femme bicentenaire.

Pourquoi est-ce que je m’acharne à continuer ? Parce que, bien que je me décourage facilement, j’exècre avoir l’impression d’être vaincue. Aussi, on m’a inculqué très tôt le réflexe voire l’urgence de me remettre en selle pour éviter les stigmates de la déception, et ce, surtout lorsque j’étais blessée. Été 2009, j’ai foncé dans une minivanne à vélo. J’ai rebondi sur la portière et été catapultée sur le capot avant de m’effondrer devant la voiture qui, fort heureusement, s’est immobilisée. Des témoins m’ont porté secours et aidée à me relever, ce après quoi j’ai enfourché mon vélo et poursuivi mon chemin. Et c’est exactement ce qui aurait dû se passer quand, l’an dernier, j’ai été éjectée de ma fidèle monture, Peugeot. Mais St-Luc m’a gardée en observation. Après cet accident-là, oui, j’étais full traumat’ : j’avais envie de me coiffer d’un casque si je devais descendre un escalier en talons hauts. Mais bon! Au final, ça fait quelque chose à bloguer.

Je dresse une liste d’événements où j’ai fait preuve de persévérance pour me rappeler que j’en suis capable, pour me convaincre que je suis une battante. Cette année, un défi n’attend pas l’autre, c’est épuisant. Jusqu’à présent, j’ai plus ou moins tenu le coup en me disant que j’étais trop jeune pour baisser les bras et renoncer devant l’adversité quoique suffisamment vieille pour refuser de faire de la procrastination quand il s’agit de ma vie.  

And each time I tell myself that I, well I think I've had enough,
But I'm gonna show you, baby, that a woman can be tough.
                                                                          - Janis Joplin