vendredi 20 juillet 2012

Commémoration - 1 an de retrouvailles


L’été dernier, ma grand-mère prenait son envol vers un autre monde. Un départ presque planifié, profitant même d’une belle journée pour minimiser les probabilités de turbulences là-haut. Ça fait un an qu’elle a retrouvé son homme. Moi, ça fait un an que je n’ai pas joué au Scrabble et que je n’ai pas mangé de béchamel. Elle m’a légué sa fameuse recette de sauce à spag’ dont je raffolais, pas celle de sa béchamel.  

Ma passion pour les jeux de mots s’est réfugiée dans les mots croisés, mais mes moments de détente obligés (dur apprentissage), eux, ont réussi à perdurer au-delà de son absence. Je n’ai plus besoin de ses quatre-vingts quelque années pour prendre le temps de m’écraser devant la télé et suivre un téléroman. Mes genoux, nostalgiques, n’ont jamais été aussi capricieux que depuis le 23 juillet 2011. Je porte en mes articulations tout le poids de sa grande existence. Puis, il y a que, maintenant, plutôt que de lui rendre visite une ou deux fois par semaine, eh bien, je l’amène avec moi partout où je vais tout temps. N’empêche, elle me manque.  

Avant que je lui fasse comprendre que j’ai de profonds doutes sur ma fibre maternelle, ma grand-mère souhaitait ardemment voir ses arrières petits enfants avant de rendre l’âme. Or, sa mort n’a rien changé à mon sentiment, désolée. Et bien que j’ai persévéré dans les communications écrites, talent qu’elle reconnaissait chez moi, ma grand-mère m’a souvent répété que j’aurais été une excellente prof’ d’édu. Mais j’ai toujours refusé de suivre le même chemin, tout tracé, que mes parents avaient emprunté et, surtout, d’enseigner le sport alors que, moi, j’aime plutôt en faire.  

Trois cent soixante-cinq jours… ça semble une éternité et, pourtant, ç’a passé si vite. Ça fait maintenant près d’un an que je n’ai pas vu la famille, déchirée par la succession. Jamais J. n’aurait souhaité une telle chose. De son vivant, elle a passé l’éponge sur des tonnes d’événements pour préserver la paix. J’ai honte que mon père et mes oncles n’aient pas su s’entendre et prendre soin du plus beau legs que ma grand-mère a voulu leur laisser. 

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