Dave Matthews Band chante Where Are You Going, question que je m’adresse parfois. Ian Kelly,
lui, propose un White Wedding, un nouveau
départ. C’est une idée. Si la vie s’avère parfois injuste, j’estime qu’il faut toutefois
s’efforcer de trouver un certain sens aux échecs et aux creux de vague pour
apprendre de nos erreurs, s’encourager et, ultimement, réussir à relancer les
dés.
J’ai eu la chance de pratiquer un sport exigeant très jeune :
le patinage artistique. La sortie de mon premier axel a été précédée d’un tel
nombre de chutes que mes genoux bleuis ont fini par inquiéter sérieusement mon
prof d’éducation physique. Mon poignet droit, lui, n’a jamais réussi à se
rétablir de l’amortissement de tous ces chocs. Mais cette fragilité m’affecte
peu au quotidien alors que la maîtrise du saut, elle, m’a ouvert la porte des
doubles. Quelques années après, je me suis scrappé
les deux genoux en pratiquant le double back
flip au trampoline. Maintenant, l’hiver, je me transforme en saule :
mes articulations sont devenues de véritables baromètres. Alors ? Je
prends des comprimés de glucosamine tous les matins, j’ai acheté des
genouillères et je me suis mise au vélo, activité dans laquelle les cale-pieds
me permettent de garder un bon alignement et de minimiser les éventuelles blessures.
Et le jour où ça ne répondra plus, s’il le faut, eh bien, je les amputerai, ces
vieillards, et deviendrai tout simplement une femme bicentenaire.
Pourquoi est-ce que je m’acharne à continuer ? Parce
que, bien que je me décourage facilement, j’exècre avoir l’impression d’être
vaincue. Aussi, on m’a inculqué très tôt le réflexe voire l’urgence de me
remettre en selle pour éviter les stigmates de la déception, et ce, surtout
lorsque j’étais blessée. Été 2009, j’ai foncé dans une minivanne à vélo. J’ai rebondi
sur la portière et été catapultée sur le capot avant de m’effondrer devant la
voiture qui, fort heureusement, s’est immobilisée. Des témoins m’ont porté
secours et aidée à me relever, ce après quoi j’ai enfourché mon vélo et
poursuivi mon chemin. Et c’est exactement ce qui aurait dû se passer quand, l’an
dernier, j’ai été éjectée de ma fidèle monture, Peugeot. Mais St-Luc m’a gardée
en observation. Après cet accident-là, oui, j’étais full traumat’ : j’avais envie de me coiffer d’un casque si je
devais descendre un escalier en talons hauts. Mais bon! Au final, ça fait
quelque chose à bloguer.
Je dresse une liste d’événements où j’ai fait preuve de
persévérance pour me rappeler que j’en suis capable, pour me convaincre que je
suis une battante. Cette année, un défi n’attend pas l’autre, c’est épuisant.
Jusqu’à présent, j’ai plus ou moins tenu le coup en me disant que j’étais trop
jeune pour baisser les bras et renoncer devant l’adversité quoique suffisamment
vieille pour refuser de faire de la procrastination quand il s’agit de ma vie.
And each time I tell myself that I, well I think I've had enough,
But I'm gonna show you, baby, that a woman can be tough.
But I'm gonna show you, baby, that a woman can be tough.
- Janis Joplin
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire