samedi 7 juillet 2012

Leçon de résilience

Dave Matthews Band chante Where Are You Going, question que je m’adresse parfois. Ian Kelly, lui, propose un White Wedding, un nouveau départ. C’est une idée. Si la vie s’avère parfois injuste, j’estime qu’il faut toutefois s’efforcer de trouver un certain sens aux échecs et aux creux de vague pour apprendre de nos erreurs, s’encourager et, ultimement, réussir à relancer les dés. 

J’ai eu la chance de pratiquer un sport exigeant très jeune : le patinage artistique. La sortie de mon premier axel a été précédée d’un tel nombre de chutes que mes genoux bleuis ont fini par inquiéter sérieusement mon prof d’éducation physique. Mon poignet droit, lui, n’a jamais réussi à se rétablir de l’amortissement de tous ces chocs. Mais cette fragilité m’affecte peu au quotidien alors que la maîtrise du saut, elle, m’a ouvert la porte des doubles. Quelques années après, je me suis scrappé les deux genoux en pratiquant le double back flip au trampoline. Maintenant, l’hiver, je me transforme en saule : mes articulations sont devenues de véritables baromètres. Alors ? Je prends des comprimés de glucosamine tous les matins, j’ai acheté des genouillères et je me suis mise au vélo, activité dans laquelle les cale-pieds me permettent de garder un bon alignement et de minimiser les éventuelles blessures. Et le jour où ça ne répondra plus, s’il le faut, eh bien, je les amputerai, ces vieillards, et deviendrai tout simplement une femme bicentenaire.

Pourquoi est-ce que je m’acharne à continuer ? Parce que, bien que je me décourage facilement, j’exècre avoir l’impression d’être vaincue. Aussi, on m’a inculqué très tôt le réflexe voire l’urgence de me remettre en selle pour éviter les stigmates de la déception, et ce, surtout lorsque j’étais blessée. Été 2009, j’ai foncé dans une minivanne à vélo. J’ai rebondi sur la portière et été catapultée sur le capot avant de m’effondrer devant la voiture qui, fort heureusement, s’est immobilisée. Des témoins m’ont porté secours et aidée à me relever, ce après quoi j’ai enfourché mon vélo et poursuivi mon chemin. Et c’est exactement ce qui aurait dû se passer quand, l’an dernier, j’ai été éjectée de ma fidèle monture, Peugeot. Mais St-Luc m’a gardée en observation. Après cet accident-là, oui, j’étais full traumat’ : j’avais envie de me coiffer d’un casque si je devais descendre un escalier en talons hauts. Mais bon! Au final, ça fait quelque chose à bloguer.

Je dresse une liste d’événements où j’ai fait preuve de persévérance pour me rappeler que j’en suis capable, pour me convaincre que je suis une battante. Cette année, un défi n’attend pas l’autre, c’est épuisant. Jusqu’à présent, j’ai plus ou moins tenu le coup en me disant que j’étais trop jeune pour baisser les bras et renoncer devant l’adversité quoique suffisamment vieille pour refuser de faire de la procrastination quand il s’agit de ma vie.  

And each time I tell myself that I, well I think I've had enough,
But I'm gonna show you, baby, that a woman can be tough.
                                                                          - Janis Joplin 

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