Fin de semaine au chalet, demeure secondaire qui n’a d’égaux
que les revues art déco ou nos fantasmes domiciliaires. Tous amalgamés
dans le racoin ensoleillé de la pourtant immense terrasse, notre groupe arbore
une configuration optimale pour stimuler les échanges (comprendre ne manquer
aucun potin). On y passe l’après-midi, reléguant aux oubliettes notre intention
résolutoire de pratiquer une activité physique.
Les filles, on se fait friandes de jeux qui, avec les années,
s’imposent comme de véritables traditions : « Devine quelle célébrité
j’ai vue? », le jeu des p’tits papiers et, après le coucher du soleil,
quelque chose comme Chante-moi une chanson. En fait, je réalise que ces trois
activités ludiques nous permettent surtout d’hurler à la mort, nous, confinées
des appartements et condos mal isolés de la ville. Les mecs, eux, se révèlent
tout aussi conservateurs. V. règne en empereur tyrannique sur la sélection
musicale, comme d’hab’, alors que C., lui, use de ses talents de geek pour nous
transporter en un tout nouveau lieu : Estrie 2.0. Trouver les
constellations n’a jamais été si facile !
N. n’arrive que demain mais, déjà, il hante nos
conversations. Il peut bien se croire le roi du monde, celui-là ! Depuis
13 ans qu’on prend beaucoup de plaisir à s’endurer, qu’on ne peut
pratiquement pas vivre les uns sans les autres, donc n’osez pas une seconde me
coiffer du couvre-chef de mauvaise langue.
Mes « chums », c’est beaucoup plus qu’une
famille : on s’est choisis, on s’est émancipés de l’enfance ensemble et,
surtout, on se connaît… presque comme si on s’était tricotés. On vit au rythme
des autres – quoique parfois avec un peu de distance, certes. N’empêche, il y a
quelque chose dans notre dynamique de groupe qui rappelle les ondulations. Par
exemple, en jouant Somebody That I Used
To Know (Gotye) hit qu’écoute
notre nouvelle divorcée, M., je me suis rendu compte qu’on en connaissait tous
les paroles par cœur. Et pourquoi? Parce qu’on l’écoute tous, évidemment. Nous,
les peines d’amour, on affronte ça en gang.
Par ailleurs, j’ai comme l’impression que l’apprentissage de
ce tube-là n’est pas une coïncidence, bien que je le souhaite ardemment. En
vérité, ce refuge dont je vous parle, ce « chic shack de luxe », comme l’a décrit C., est en vente depuis
quelques années. Même si les parents de V., propriétaires, en ont retiré le listing récemment, ça sent l’épée de Damoclès. Espérons que nous ne déclinerons pas
de sitôt le break-up song de l’été et
ne déchanterons pas en beuglant : « some
place that we used to go ».

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