mardi 3 juillet 2012

Estrie version 2.0


Fin de semaine au chalet, demeure secondaire qui n’a d’égaux que les revues art déco ou nos fantasmes domiciliaires. Tous amalgamés dans le racoin ensoleillé de la pourtant immense terrasse, notre groupe arbore une configuration optimale pour stimuler les échanges (comprendre ne manquer aucun potin). On y passe l’après-midi, reléguant aux oubliettes notre intention résolutoire de pratiquer une activité physique. 

Les filles, on se fait friandes de jeux qui, avec les années, s’imposent comme de véritables traditions : « Devine quelle célébrité j’ai vue? », le jeu des p’tits papiers et, après le coucher du soleil, quelque chose comme Chante-moi une chanson. En fait, je réalise que ces trois activités ludiques nous permettent surtout d’hurler à la mort, nous, confinées des appartements et condos mal isolés de la ville. Les mecs, eux, se révèlent tout aussi conservateurs. V. règne en empereur tyrannique sur la sélection musicale, comme d’hab’, alors que C., lui, use de ses talents de geek pour nous transporter en un tout nouveau lieu : Estrie 2.0. Trouver les constellations n’a jamais été si facile ! 

N. n’arrive que demain mais, déjà, il hante nos conversations. Il peut bien se croire le roi du monde, celui-là ! Depuis 13 ans qu’on prend beaucoup de plaisir à s’endurer, qu’on ne peut pratiquement pas vivre les uns sans les autres, donc n’osez pas une seconde me coiffer du couvre-chef de mauvaise langue. 

Mes « chums », c’est beaucoup plus qu’une famille : on s’est choisis, on s’est émancipés de l’enfance ensemble et, surtout, on se connaît… presque comme si on s’était tricotés. On vit au rythme des autres – quoique parfois avec un peu de distance, certes. N’empêche, il y a quelque chose dans notre dynamique de groupe qui rappelle les ondulations. Par exemple, en jouant Somebody That I Used To Know (Gotye) hit qu’écoute notre nouvelle divorcée, M., je me suis rendu compte qu’on en connaissait tous les paroles par cœur. Et pourquoi? Parce qu’on l’écoute tous, évidemment. Nous, les peines d’amour, on affronte ça en gang. 

Par ailleurs, j’ai comme l’impression que l’apprentissage de ce tube-là n’est pas une coïncidence, bien que je le souhaite ardemment. En vérité, ce refuge dont je vous parle, ce « chic shack de luxe », comme l’a décrit C., est en vente depuis quelques années. Même si les parents de V., propriétaires, en ont retiré le listing récemment, ça sent l’épée de Damoclès. Espérons que nous ne déclinerons pas de sitôt le break-up song de l’été et ne déchanterons pas en beuglant : « some place that we used to go ».

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