lundi 5 novembre 2012

La naissance

Depuis trois semaines, il trépignait d’impatience à l’approche de mon dernier souper de 28 ans. Or, malgré mes efforts d’analyse, je ne réussissais pas à percer le mystère de son enthousiasme. Il me semblait déjà connaître tous les détails de la soirée. Erreur.
Pourtant, la même rengaine : le «lift», l’accueil et l’apéro. C’est au moment de s’attabler que ça m’a frappée : «Well I think it's fine, building jumbo planes.» Et, lui, le regard pétillant. Et, moi, soudainement illuminée. Non !... Il opine du chef. De l’entrée au dessert, je n’ai pas eu à avaler un comprimé d’enzymes digestives. Après The Greatest Hits, j’ai entendu beugler : «Summertime, time, time». Aucun hasard possible. Avant qu’ils faussent tous en choeur, il m’offre un paquet dont je connais assurément le contenu. Mais il me lance : «Devine la couleur…» Le véritable cadeau, c’était effectivement la couleur. «Rouge !» Non. «Jaune !» Pas tout à fait, non. «Non !...» Il sourit. Et l’ATC assorti : vert. Enfin, s’il voyait les nuances de bleu et de vert correctement, ç’aurait été vert. Pour en rajouter, on me sert une tarte aux pommes – pas une ***** de mousse indigeste.
Il y a douze ans, mon grand complice a claqué la porte de son mariage. Ç’avait été douloureux, alors on a essayé d’étouffer toute l’affaire. Un p’tit hic : moi. Mais hier il a m’a démontré qu’il se souvenait, que j’existais.

3 commentaires:

  1. Lancez une requête Google Image à l'aide du mot-clé «birth» pour vous remettre de vos émotions. Ça fesse!

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  2. Ah c'est beau. J'ai senti ton beau sourire dans ce texte. Et, un soupir de soulagement peut-être? :)

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  3. « Satisafaction » serait peut-être le mot. Heureuse que tu aies compris le billet, toi.

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